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Le coeur historique
Betancuria
La plus petite municipalité de Fuerteventura reçoit le nom du conquéreur de l'île pour la couronne de Castille, le normand Jean de Béthencourt, qui fonda la ville du même nom en 1404 après avoir vaincu les chefs des deux communautés locales, Ayose et Guise. Betancuria fut la capitale de Fuerteventura jusqu'à la moitié du XIXème siécle, quand elle fut changée à Puerto cabras, l'actuelle Puerto del Rosario.
L'histoire de Betancuria est parsemée d'incidents: Bien qu'elle eut été construite à l'intérieure des terres, dans une vallée, pour éviter les attaques des pirates, elle fut victime de plusieurs assauts de hordes barbaresques pendant le XVIème siècle. La plus grave fut celle commandée par Xaban de Arráez en 1593, qui laissa la ville pratiquement détruite et où plusieurs centaines de ses habitants furent pris en otage à plusieurs reprises. Au XVIIIème siècle, entre 1720 et 1723, Betancuria aurait aussi été le scénario de violentes séditions suite aux conditions de vie précaires de la population et au manque de nourriture.
Mais l'état de capitale qu'elle conserva pendant si longtemps font que ses rues accueillent plusieurs endroits de grand intérêt pour le visiteur. Un d'entre eux est la cathédrale de Santa María de Betancuria. Edifiée à son origine en style gothique normand - dont il ne reste aujourd'hui plus que la première partie de la tour et les bases des colonnes originelles - puisqu'elle fut presque entièrement détruite par les hommes de Xaban Arráez. Elle fut reconstruite au milieu du XVIIème siécle pour la retrouver tel quel de nos jours avec ses trois nefs, séparées de colonnes d'ordre tosacn, un riche lambris mudejar dans la sacristie, ainsi qu'un choeur, un baptistère et un rétable de grande valeur, réalisé pendant la deuxième moitié du XVIIème siècle avec la polychromie et les tons dorés propres à l'art baroque. A l'intérieur de la cathédrale est également conservé l'ostensoir en argent le plus ancien de l'archipel. Par ailleurs, sur le sol de l'église on peut encore apprécier la dispositiond'anciennes sépultures.
Un autres exemple d'architecture religieuse sera l'ermitage de San Diego de Alcalá, dont l'intérieur abrite une grotte où est conservée un corde avec laquelle on dit que le diable a été attaché après avoir été fait prisonnier par les habitants du village. La tradition populaire attribue des proprie´tés miraculeuses à cette corde encore présente dans la grotte.
A côté de l'ermitage se trouvent les ruines du couvent franciscain de San Buenaventura, le premier à avoir été construit aux Canaries, et son église conventuelle. Le saint qui lui donne son nom est la saint patron de l'île dont la fête est la 14 juillet.
La légende à propos de la corde de l'ermitage de San Diego de Alcalá n'est pas un fait isolé. Betancuria possède un passé plein de magie et de mystère. En effet, un jour de février de 1757, les responsables de la ville reçurent une lettre de l'Inquisition qui réclamait une collecte pour construire une Maison de Pénitence destinée à enfermer les hérétiques et les sorcières.
Ces superstitions mis à part, les habitants de Betancuria offrent leur hospitalité à tous ceux qui décident de visiter leurs rues. Et il est recommandable de le faire puisque sa vieille ville, qui nous transporte aux temps de sa splendeur avec sa remarquable architecture, a été déclarée monument historique et artistique.
En plus de se promener dans la ville, on conseille de visiter le Musée de Arte Sacro, où vous pourrez admirer des pièces d'une grande valeur, parmi elles des pièces d'orfèvrerie et l'étendard de Jean de Béthencourt. De son côté, le Musée Archéologique du Conseil Municipal expose de très intéressants vestiges datant du temps des premiers habitants de l'île majorera. Le Centre Insulaire d'Artisanat est dédié aux métiers traditionnels, tandis que la Casa Santa María est l'endroit parfait pour acheter des produits typiques faits main. Les artisans travaillant face au public.
Près de Betancuria, il y a un lieu qui offre un très beau panorama combinant les tons ocres et bleus propres de la terre majorera: il s'agit du Belvédère de Morro Velosa, situé à 600 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Antigua
La municipalité d'Antigua se situe au centre (géographique) de l'ïle, à l'est de Betancuria. Elle fut fondée en 1485 par des colons normands et andalous qui la baptisèrent sous ce nom en l'honneur de Nuestra Señora de la Antigua, dont la fête est célébrée le 8 septembre.
Les habitants du village vivaient de l'agriculture et de l'élevage, ce qui, de nos jours, n'a pas beaucoup changé à l'exception de l'élevage qui a été remplacé par l'artisanat. Par ailleurs, une foire de l'artisanat y est organisée chaque année au mois de mai. vous pourrez également admirer celui-ci au Centre d'Artisanat Molino de Antigua. Comme son nom l'indique, l'édifice accueillant ce centre n'est autre qu'un moulin qui a conservé le style des constructions traditionelles majoreras. Les artistes de l'île y présentent notamment leurs tableaux.
Malpaís grande
La municipalité d'Antigua est séparée, à l'ouest, de sa voisine Betancuria, par le Massif de Betancuria. A l'est, plusieurs vallées en forme de "U" servirent de lit aux coulées de lave qui formèrent le Malpaís Chico et le Malpaís Grande. Ce dernier, situé au sud et limitrophe avec la municipalité de Tuineje, est un impressionnant paysage (protégé) de caractère désertique, avec de surprenantes coulées et où les espèces de flore sont le mimo et la aulaga, tandis que sa faune la plus caractéristique sera l'écureuil rouge et le perenquén.
A Valle de Pozo Negro, dans le domaine du Malpaís Grande, se situe un intéressant site archélogique: la peuplade aborigène de La Atalayita, composée de petites constructions en forme de voûtes.
Tuineje
Ce village a été bâti au milieu d'une région fertile, dont le sol argileux permet la culture des tomates. Chaque pied est protégé des chèvres par des perches en bambou ou un laurier géant. Au XVIIIème siècle, Tuineje arrêta, avec succès, des pirates anglais. Depuis, l'évènement est commémoré chaque année en octobre.
En remontant vers Antigua, on traverse le village d'Agua de Bueyes (l'"eau des boeufs") qui, avec ses maisons basses et blanches, évoque l'Afrique du Nord. Autour, la compagne est cultivée de façon intensive, en longues terrasses recouvertes de scories qui boivent, chaque nuit, la rosée.
Tiscamanita
Situé au nord de Tuineje, Tiscamanita compte avec le très intéressant Centre d'Interprétation de Los Molinos où les visiteurs se reportent à l'époque dans laquelle ces solides constructions - la plupart d'entre elle créées par des ingénieurs italiens - servaient à moudre le grain qui alimentait une grande partie des majoreros. En plus de ce fascinant "voyage", on recommande de ne pas quitter Tiscamanita sans avoir goûté l'excellent ragoût de chèvre qu'on prépare dans leurs établissements.
Aux environs se trouve l'ermitage de San Marcos, qui possède un clocher pointu double très particulier.
C'est là aussi que vous trouverez les plantations d'Aloe Vera ainsi que la fabrique d'Aloe Vera de Fuerteventura. Le gel extrait de cette plante est reconnu mondialement pour ses vertus régénérantes, notamment contre les coups de soleil.
Pajara
Une bourgade adorable dont les rues résonnent du chant des canaris qui sautillent dans les petites cages en bois suspendues aux fenêtres des maisons. L'Igesia de Virgen de la Regla, bâtie entre 1645 et 1687, se dresse devant une place plantée d'arbres. Des motifs aztèques ornent son portail: pumas, serpents, soleils.
Puerto de la Peña
Sans doute le point le plus important de la côte de Barlovento: le village de pêcheurs d'Ajuy, où l'on pourra déguster quelques plats typiques de la région, tel que le poissons (vieja) cuisiné au grill ou au four, toujours fraîchement pêché, ou le délicieux bouillon de poisson avec le deu gofio petri.
Dans cette zone, la mer est agitée par les vents alizés, bien connus par les pêcheurs d'Ajuy qui ne sortent pas pendant l'hiver à cause de la dangerosité des courants.
Près de la localité, on y trouve une source nommée Madre del Agua, ainsi que quelque grottes d'une grande beauté et facile d'accès. Mais l'endroit le plus intéressant est la Puerto de la Peña, la rade où débarquèrent les colonisateurs normands commandés par Jean de Béthencourt pour être à l'abri des forts courants marins de la zone. Plus tard, il atteindra une certaine importance commerciale due à l'exportation de la chaux qui se fabriquait dans l'île. Actuellement, les pêcheurs utilisent encore des méthodes artisanales pour capturer leurs proies.
Les géologues assurent que cette zone serait la plus ancienne de l'archipel: d'après leurs calculs, elle aurait environ 100 millions d'années, étape qui coïncide avec kle moment où se produisit l'éruption du volcan sous-marin qui donna l'origine aux Îles Canaries. Les biologistes ont même trouvé sur cette zone des restes de fossiles d'escargots d'une espèce déjà disparue.
La plage de Puerto de la Peña est de sable noir. Depuis Puerto de la Peña part une chemin qui mène jusqu'au joli Ermitage de la Peña.
Montaña Cardon
Au sud de Pajara se trouve le massif naturel de Montaña Cardon, formé par une succession de coulées volcaniques de la période du Miocène, et où l'érosion a crée des ravins et des gorges désormais recouvertes de végétation tels que les choux de rochers, une espèce endémique de l'archipel, et le cardon, une plante exclusive de cette partie de l'île et qui est en voie de disparition.
Les amateurs de randonnées pédestres jouiront d'une exploration extraordinaire de ce petit massif montagneux, dont le sommet le plus élev atteint 690 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ce magnifique espace naturel partage son nom avec le petit village de El Cardon, où chaque année en juin, on fête le pèlerinage de El Tanquito, qui prend son origine dans les traditions des premiers habitants de l'île.
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